Welborn B. Griffith

Le colonel Welborn Griffith est un officier de l’armée américaine ayant combattu en France durant la Seconde Guerre mondiale.
Le 16 août 1944, depuis la cathédrale de Chartres, il donne le contre-ordre pour procéder à l’annulation du bombardement de celle-ci après avoir vérifier en personne l’absence d’ennemis.
De retour vers son QG situé à Courville-sur-Eure, il est abattu par un soldat allemand alors qu’il évaluait l’ampleur de la résistance allemande sur la commune. Il a alors quarante trois ans.

Présentation du circuit

Le circuit d’interprétation « Lèves 1944 » est consacré aux évènements qui se sont déroulés pendant la Seconde guerre mondiale à Lèves. 

Il met plus particulièrement l’accent sur l’année 1944.

La visite conduit les visiteurs sur les pas de 5 personnages aux parcours différents : un espion français, un soldat prisonnier de guerre, deux résistants de la première heure, un général américain. 

Les 8 étapes qui composent ce circuit présentent les lieux où se sont produits les évènemens marquants de cette page de l’histoire lévoise.

Le parcours entraîne les visiteurs sur la plupart lieux où se sont déroulés les faits.

Welborn B.Griffith

La biographie développée

L'enfance

 Il naît le 10 novembre 1901 dans la ville de Temple située au cœur du comté de Bell au Texas. Il est le premier né d’une famille de six enfants (trois filles et trois garçons). Son père se nomme Welborn Barton Griffith, tenancier de l’épicerie familiale, il a 35 ans lorsque Welborn Barton Junior naît. Sa mère Lula Love Smith a elle 25 ans lors de la naissance de Welborn Barton Griffith et elle est mère au foyer.

La carrière militaire

Welborn Barton Griffith rentre en 1921 à l’académie militaire de West Point. Il en sort sous-lieutenant en 1925, puis continue à se former au sein de différents régiments au Texas, en Géorgie puis dans le Missouri entre février 1926 et janvier 1931, date à laquelle il est promu lieutenant. C’est durant cette période qu’il se marie à sa première femme Alice Torrey, fille d’un officier américain et que naît leur fille Alice Griffith.


Incorporé dans la 45e division d’infanterie, il quitte les États Unis pour les Philippines en décembre 1931 puis, affecté à la 31e division d’infanterie, il part pour Shanghai où il reste pendant 5 mois avant de revenir au Philippines. Il devient Provost Marshal de l’US Army Troops. Il s’agit d’un poste prestigieux, signe de sa compétence militaire, puisqu’il est responsable du corps de police militaire. Il rentre aux Etats-Unis après de nombreuses missions en Asie et est promu capitaine en août 1935.


En août 1938, alors que la guerre menace en Europe, il entre au Chemical Warfare pour être formé sur l’utilisation des armes chimiques, puis intègre la 1st tank brigade qui appartient à la 66e division de tank entre septembre 1939 et février 1940. Il est promu major en février 1941 et entame un cursus d’instructeur G3. Il est promu lieutenant-colonel le 23 décembre 1941.

Griffith, instructeur militaire - 1941

L’attaque de Pearl Harbor du 7 décembre 1941 qui provoque l’entrée en guerre des Etats-Unis précipite la mobilisation militaire américaine. Après une brève mobilisation au sein de la 8th Armored Division à Fort Knox dans le Kentucky, Griffith est nommé instructeur à l’école de commandement et d’Etat-major de Fort Leavenworth dans le Kansas.

A partir de septembre 1942, il rejoint le IV Armed Corps sous les ordres de Patton, et travaille à la préparation des opérations militaires qui prévoient le débarquement en Afrique du Nord depuis le désert des mojaves en Californie. Ce vaste désert de 40.000 km2 majoritairement inhabité permet de reproduire les conditions du désert du Sahara auquel doivent être confrontés les militaires américains. Patton y installe un camp nommé “Camp Young”. L’entraînement des soldats est si intense qu’ils finissent pas renommer la région “The Land That God Forgot”.

Durant les opérations d’entraînement, l’instructeur Griffith est promu colonel le 12 décembre 1942. Peu après, un nouvelle aide de camp lui est assigné : Eugène Schulz, qui écrira ses mémoires en tant qu’aide de camp de Griffith. En avril 1943, le IVe corps d’armée rejoint ensuite le camp Campbell dans le Tennessee où les soldats vont participer à dix semaines de simulation de combat supervisés par Griffith depuis la tente du G-3 CP.

Le 2 septembre 1943 après d’intenses semaines de préparations physiques, des célébrations sont organisées à l’occasion du premier anniversaire du IVe corps d’armée, au cours desquelles plus de 25.000 soldats assistent à la première du film SAHARA. Le film a pour vocation de montrer au grand public l’engagement militaire américain dans la guerre. Griffith, qui apparaît dans le film aux côtés du général Walker, est au premier rang, accompagné de son épouse.

Vers la Libération : le XX° Corps de Griffith rejoint l’Angleterre - 1944

Le 9 octobre 1943, le IVe corps d’armée change de dénomination et devient le XXe corps. Celui-ci est placé sous le commandement militaire du Général Walker.


Le 1er février 1944, le XXe corps d’armée quitte le camp Campbell pour aller au camp Slocum en Caroline du Nord où les derniers préparatifs sont effectués avant un départ pour la Grande Bretagne. (vaccination, visite médicale, réception de l’équipement individuel). Griffith et le XX° quittent les Etats-Unis à bord du Queen Mary en direction de l’Ecosse où ils arrivent après 6 jours de voyage. Le Queen Mary est un paquebot habitué aux transports de haute importance. C’est en effet lui qui a emmené le Premier Ministre anglais Winston Churchill aux différentes conférences organisées aux Etats-Unis et au Canada entre 1943 et 1944.


A leur arrivée, les 15 000 hommes du XX° Corps sont dirigés à Marlborough dans le comté du Wiltshire où est installé un camp provisoire destiné à les accueillir. Le camp est composé de baraquements semi-circulaires préfabriqués en acier galvanisé ondulé. Le baraquement du G-3 de Griffith est quant à lui composé d’une Nissen hut plus vaste au sein de laquelle on trouvait “la War room” dans laquelle sont affichées les cartes des opérations stratégiques.


Cette War Room revêt une importance stratégique singulière : la plus grande des cartes mesure plus de 3,5 mètres et représente une zone couvrant le sud de l’Angleterre, la Manche et le nord de la France. Y sont localisées les installations militaires de première importance, les différents campements côté alliés mais aussi les dépôts de munitions, les défenses côtières et intérieures allemandes. Extrêmement surveillé, la “war room” est l’occasion pour Eugène Schulz de mesurer la gravité avec laquelle Grittifh aborde la responsabilité de chacun. En effet, alors qu’un soldat en garde à la war room s’endort, Griffith le réveille et l’envoie en cour martiale. On ne s’endort pas sur le secret militaire !


C’est depuis cette War Room que Griffith apprend le lancement de l’opération Overlord le 6 juin 1944.


Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie sur 5 plages nommées Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword. Cette opération, nommée opération Neptune est assistée d’une opération aéroportée et d’un bombardement massif sur les côtes tout en comptant sur les sabotages à grande échelle de la Résistance. L’ensemble de ces opérations répond au nom de Code Overlord et visait à créer une tête de pont sur le continent européen.


Welborn Barton Griffith et le XX° Corps ne débarquent pas le 6 juin.

Le Plan Cobra, le débarquement en France

Wleborn et le 20e corps d’armée font partie d’un second plan opérationnel enregistré sous le nom de Code Cobra qui est destiné à enfoncer les lignes allemandes à la suite du Débarquement.

Les soldats embarquent à la base navale de Portsmouth. Le 19 Pillet 1944, ils dépassent la péninsule du Cotentin et parviennent à Utah Beach où une tempête les empêchent de débarquer. Pendant ce temps, les troupes jouent aux cartes et écrivent des lettres à leur famille en attendant à la fois anxieusement et impatiemment leur débarquement. 

Le 22 juillet 1944, ils mettent finalement pied à terre et s’enfoncent en Normandie au milieu des villages en ruines ponctués de panneaux “Achtung Minen”. Au bout d’une heure, le 20e corps s’installe dans Saint-Jacques-de-Néhou, proche de Cherbourg, et y reste jusqu’au 3 août.

C’est au coeur de ce verger normand que les soldats se familiarisent avec “a very potent and famous Normandy liquor” , le calvados. L’artillerie allemande au loin ne peut toutefois leur faire oublier la guerre. 

Du 3 au 5 août, après 12 jours passés dans le verger de Saint Jacques de Néhou,  le XX° se déplace au sud-ouest de la péninsule du Cotentin et fait d’une ferme au sud de Fleury son second poste de commandement.

Les 6 et 7 août 1944, l’État major du XX° décide de se rendre à Saint Martin de Landelles qui devient le troisième poste de commandement du corps d’armée. Cette arrivée constitue le vrai baptême du feu pour Griffith et le 20e.

La Luftwaffe profite de la tombée de la nuit du 6 août pour attaquer les routes dans le but de stopper l’avancée des troupes alliées. Le 20e corps n’est à quelques kilomètres de là. Dès le lendemain, il quitte Saint Martin de Landelles et se rend à Vitré pour établir un poste de commandement avancé tandis qu’une partie du 20e corps s’y était rendu dès la veille afin d’ établir les lignes de communication. 

Depuis Vitre, c’est la ville d’Angers qui constitue l’objectif majeur de libération pour le général Walker. Celle-ci s’effectue non sans résistance de la part des Allemands et c’est la première ville d’importance libérée par le XX° corps.  La ville a en effet été un centre d’importance pour l’amirauté allemande puisque c’est depuis Angers qu’était contrôlée la flotte allemande stationnée dans l’Atlantique et dirigée par l’amiral Karl Doenitz. Ce sont près de 1800 soldats allemands  qui sont capturés lors la prise de la ville. 

Ultime mission à Chartres

Le 10 août, Le QG du XX° prend position à Soulge-le-Bruant, à l’est de Laval, puis le 13 août à La Ferté Bernard qui s’était libérée elle-même trois jours auparavant. Le 20e corps installe ses tentes dans le parc du château de la ville et y reste deux jours avant de rejoindre le poste de Courville-sur-Eure. .

Au matin du 16 août, Griffith et Walker font le point sur la situation à Chartres : des poches de résistances sont signalées un peu partout et menacent la progression des troupes allemandes. Le Corps d’Artillerie a donc reçu pour mission de bombarder la ville et de détruire la cathédrale si des menaces ennemies venaient à s’y trouver. A l’issue de la réunion, le Colonel Griffith informe son aide de camp Eugène Schulz qu’il doit se rendre à Chartres “pour une mission personnelle sans donner plus de détails”. 

Le colonel quitte donc Courville avec son chauffeur, William L Dugan et tous deux se rendent à la cathédrale dans le but de vérifier si des soldats allemands s’y trouvent retranchés. Eugène Schulz rapporte qu’après avoir inspecté la nef, les chapelles et les pièces adjacentes, le colonel Griffith a rejoint les tours et constaté qu’aucun soldat ennemi ne s’y trouvait. Il donne alors l’ordre de faire annuler la décision de bombarder la cathédrale. 

Son dernier combat à Lèves

Son chauffeur raconte alors qu’en se rendant à Lèves où une poche de résistance était identifiée, ils rencontrent  l’ennemi et décident d’ouvrir le feu. Le chauffeur, William L Dugan fait faire demi-tour à la jeep et alors qu’ils rencontrent un tank de la 7ème division armée, le Colonel Griffith saute dans le tank et s’installe dans la tourelle muni d’un pistolet et de son M1. Une mitrailleuse allemand le crible alors de balles et il tombe instantanément. 

Son courage est rapporté par son chauffeur qui dit de lui dans une lettre adressée à  Philipp Griffith “ J’ai trouvé en lui l’un des hommes les plus courageux que je n’ai jamais vu. Il avait plus de tripes que la plupart des hommes et n’avait peur de rien. Et il n’aurait envoyé au combat un homme là où il ne serait pas lui-même allé se battre. Il m’a traité de la meilleure des manières”. 

Son corps est immédiatement protégé par les Lévois qui le couvrent de fleurs,  le drapent de l’American Flag et le veillent jusqu’à ce que les Américains viennent le récupérer. 

Ses funérailles  sont célébrées le 19 août 1944 par l’aumônier du XXème corps en présence de quelques officiers des corps armés du Quartier Général.  Il est ensuite enterré au cimetière de Saint Corneille dans la Sarthe. 

Ce cimetière temporaire a été ouvert par le Général Patton le 16 août 1944 sur la commune de Saint-Mars-La-Brière. A la fin de la guerre, ce sont 521 soldats américains dont la plupart sont morts dans les combats du 20 août 1944 à Chartres et une quinzaine d’hommes de la deuxième DB de Leclerc qui y ont reposé jusqu’en 1948.  La tombe  de Griffith porte le numéro 126. Sur son corps est retrouvé un stylo plume sans capuchon, et son aigle en acier, cet insigne qu’il aimait épingler à son col. Tout un symbole.

Transfert au cimetière militaire

 Le 25 octobre 1946, après un séjour en France à la recherche de la tombe de son mari, Nell H Griffith, l’épouse du Colonel Griffith sollicite son transfert dans un cimetière militaire américain permanent. C’est chose faite au cours de l’année 1948. Le 15 avril 1948 est reçue la directive d’exhumation du corps du colonel Griffith rendue effective le 11 juin 1948. Le 22 mars de l’année suivante, il est à nouveau enterré au cimetière de Saint James, très proche de l’endroit où le XX° corps d’armée avait débuté les combats le 1er août 1944. Il repose ainsi aux côtés de 4 410 autres soldats américains.
A sa femme, le colonel Walker écrit aux lendemains de la guerre “ Je n’oublierai jamais ce que Griffith a apporté à mon commandement pendant les évènements précédant la Libération de Chartres et le sacrifice ultime qu’il a fait pendant l’assaut de la ville”.

Au matin du 16 août, Griffith et Walker font le point sur la situation à Chartres : des poches de résistances sont signalées un peu partout et menacent la progression des troupes allemandes. Le Corps d’Artillerie a donc reçu pour mission de bombarder la ville et de détruire la cathédrale si des menaces ennemies venaient à s’y trouver. A l’issue de la réunion, le Colonel Griffith informe son aide de camp Eugène Schulz qu’il doit se rendre à Chartres “pour une mission personnelle sans donner plus de détails”. 

Le colonel quitte donc Courville avec son chauffeur, William L Dugan et tous deux se rendent à la cathédrale dans le but de vérifier si des soldats allemands s’y trouvent retranchés. Eugène Schulz rapporte qu’après avoir inspecté la nef, les chapelles et les pièces adjacentes, le colonel Griffith a rejoint les tours et constaté qu’aucun soldat ennemi ne s’y trouvait. Il donne alors l’ordre de faire annuler la décision de bombarder la cathédrale. 

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Le projet, en deux mots

Le projet est conduit depuis le mois de mars 2024 par les 28 élèves de la classe de 4ème 1 du collège Sainte-Marie de Chartres qui se réunissent chaque mardi sur le temps de la pause méridienne pour travailler. Les élèves se sont répartis en groupes, chacun menant un travail autour d’un personnage ou d’un groupe de personnages ayant symbolisé cette année 1944 à Lèves. Ces personnages sont des acteurs ou des témoins de la Libération (résistants, habitants de la commune, soldats) mais également des personnages qui n’ont pu vivre cette Libération (résistant fusillé, déporté décédé en Allemagne) mais qui incarnent toute la complexité et l’ambivalence émotionnelle de l’année 1944.