Présentation
Charles Gautier est un résistant français. Il est né le 26 décembre 1895 à Paris. Il vit à Chartres puis à Lèves. Ancien soldat blessé lors de la Première Guerre mondiale, c’est un résistant de la première heure au moment de l’Occupation. Déporté dans un camp pour avoir distribué des tracts communistes, il est libéré en 1944 et œuvre alors à l’érection du mémorial à Lèves, sur le site de Chavannes, où ses camarades ont été fusillés. Charles Gautier s’éteint le 2 juillet 1977 à l’âge de 81 ans.
Charles Gautier, biographie développée
Charles Gautier, par les collégiens
Les collégiens expliquent leur vision du personnage et les traits les plus marquants de son périple.
L'occupation de la ville
En 1940, lors de la défaite française face à l’Allemagne, la ville de Lèves compte 1500 habitants.
La signature de l’armistice le 22 juin 1940 prévoit l’occupation de la partie Nord du territoire et le logement des troupes d’occupation par voie de réquisition des logements des habitants.
La ville de Lèves est occupée depuis le 16 juin 1940 par les Allemands qui ont, de fait, réquisitionné les propriétés les plus majestueuses.
Le manoir de Longsault devient une annexe de la Kommandantur de Chartres.
La maison bourgeoise de Monsieur Cadart est également réquisitionnée tandis que la maison place du Mousseau, face à la pompe, est un lieu de rendez-vous où les Allemands font venir des jeunes filles.
La propriété de Madeleine Castaing est également réquisitionnée en même temps que les châteaux des frères Jules et Georges Niclausse aux Boissières et à Ouarville.
Le domaine du Bois de la chambre est également tenu par les Allemands tandis que le château de la Ravaudière est transformé en infirmerie.
Comme le reste de la France occupée, Lèves vit à l’heure allemande. Cet état de fait dure quatre ans.
Une cellule résistante aux premières heures de la guerre
La présence des Allemands à Lèves est diversement vécue par les habitants.
Tandis que certains Lévois s’accommodent bon gré mal gré de l’occupation, un petit réseau de résistance s’organise autour de la cellule communiste locale qui regroupe Charles Gautier, ancien candidat aux élections municipales de la ville, Alfred Dahuron et les frères Allart.
Ce réseau est actif dès les premiers temps de l’occupation. Charles Gautier est arrêté en 1941 pour distribution de tracts tandis que Emile Allart est emprisonné au camp de Voves et son frère Hoche, fusillé en 1942 pour attentat anti-allemand.
C’est dans la commune, à Chavannes, sur le site d’un ancien champ de tir que les Allemands fusillent certains des résistants de la région chartraine.
Hoche Allart est de ceux-là.
Mais ni la présence allemande, ni les exécutions ne découragent l’activité résistante. Celle-ci perdure jusqu’à la Libération puisque parmi les résistants lévois, certains, notamment les frères Fargues, œuvrent à la Libération de la ville de Chartres.
L'occupation et la résistance
Les collégiens détaille l’occupation et la Résistance sur la période.
Les recherches en deux mots
Les collégiens racontent l’organisation de leurs recherches documentaires/
La solidarité s'organise
Très vite, la solidarité s’organise : soupes populaires, distribution de couvertures et de vêtements sont mises en place suite à l’élaboration d’un Comité local de Libération dirigé par Charles Gautier.
Le Comité déploie d’intenses efforts pour venir en aide à ceux qui ont tout perdu dans la guerre. Les 16 000 francs de bénéfice des opérations d’abattage de bois dans le clos Bénin et dans le champ de tir sont redistribués : 2000 sont versés sur un livret de caisse d’Epargne à Hoche Allart dont le père a été fusillé par les Allemands, 2000 francs à Jeanine Ribérou dont le père est décédé en captivité, 12 000 aux soldats encore engagés sur le front de l’Ouest. L’abattage de ce bois permet aussi de chauffer 150 foyers.
L’essence prise aux Allemands est distribuée au docteur, aux sage femmes et tous ceux qui utilisent une automobile pour sillonner les routes de la ville afin de venir en aide aux plus démunis. 50 kilos de viande provenant de l’usine Porfin du Gorget sont distribués aux sinistrés.
Il faut aussi enterrer les morts. Monsieur Chartrain, employé de la commune, se charge d’enterrer les corps dans le cimetière près d’une tombe où reposent deux Allemands de
la guerre 1870. Les prisonniers allemands sont défaits de leur harnachement militaire puis escortés à la mairie de Lèves par quelques civils à pied avant d’être livrés aux autorités militaires.
Le Comité local de Libération s’emploie très vite à honorer les camarades morts pour la patrie. Le 23 février 1945, il rédige une lettre au commandant de la place de Chartres pour faire ériger le mémorial de Chavannes.
La Libération est aussi un temps de fraternisations et de festivités. Les bals reprennent. Au Bon Gruyère, bistro tenu par M. Durand près de l’église de Lèves, des bals tenus par un orchestre musette s’organisent. La présence américaine est l’occasion de la découverte d’une nouvelle danse : la rumba frottée.
Si la vie reprend progressivement son cours, certains Lévois ne rentreront jamais. C’est le cas d’Alphonse Jacquet, enfant de la commune, mobilisé en 1940 et décédé à Mauthausen le 11 avril 1945 après un douloureux périple.
Ainsi, la Libération de Lèves incarne cette accélération de l’histoire et des sentiments qui se mêlent et se bousculent.
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Le projet, en deux mots
Le projet est conduit depuis le mois de mars 2024 par les 28 élèves de la classe de 4ème 1 du collège Sainte-Marie de Chartres qui se réunissent chaque mardi sur le temps de la pause méridienne pour travailler. Les élèves se sont répartis en groupes, chacun menant un travail autour d’un personnage ou d’un groupe de personnages ayant symbolisé cette année 1944 à Lèves. Ces personnages sont des acteurs ou des témoins de la Libération (résistants, habitants de la commune, soldats) mais également des personnages qui n’ont pu vivre cette Libération (résistant fusillé, déporté décédé en Allemagne) mais qui incarnent toute la complexité et l’ambivalence émotionnelle de l’année 1944.