Bienvenue sur le site Lèves 1944
Le 16 août 1944, Lèves est libérée par les soldats américains après d’intenses combats. Échanges de tirs, bombardements, pilonnages ont eu raison de la dernière poche de résistance allemande qui barrait l’accès à la route de Paris. Une victoire chèrement obtenue. Des morts parmi les civils, les soldats, les libérateurs. Ici même, un centre-ville transformé en champ de ruines, à l’exception de l’école des filles (actuelle mairie) qui a miraculeusement échappé à la destruction.
Ainsi s’est achevé le dernier chapitre d’une histoire mouvementée… En effet, entre scènes de guerre, foyers de résistance, actes de bravoure, destructions, exfiltrations d’aviateurs, sacrifices, espionnage, sabotages, héros fusillés… depuis son occupation en 1940 jusqu’à sa libération en 1944, la ville de Lèves avait été le théâtre de nombreux événements.
Témoin de cette période : une architecture dite de la Reconstruction, suite à la ruine des habitations, des commerces, de l’école des garçons et de l’église. Puis, l’édification du mémorial dédié aux fusillés de Chavannes, devant lequel les habitants se recueillent chaque année, le 1er mai.
À l’occasion des 80 ans de la Libération de Lèves, afin de conserver le souvenir des Lévois, des héros fusillés et des soldats américains morts pour libérer la France, un groupe de collégiens s’est associé à la ville de Lèves pour mener d’importantes recherches afin de transmettre cette mémoire.
À travers ce parcours numérique, les habitants et les visiteurs de toutes générations sont invités à retracer les faits marquants de cette période de l’histoire locale (1940-1944), en suivant l’itinéraire de soldats, de résistants, de libérateurs américains, de prisonniers de guerre.
Un circuit pour se rappeler
Le circuit d’interprétation Lèves 1944 est consacré aux évènements qui se sont déroulés pendant la Seconde guerre mondiale à Lèves. Il met plus particulièrement l’accent sur l’année 1944.
La visite conduit les visiteurs sur les pas de 5 personnages aux parcours différents : un espion français, un soldat prisonnier de guerre, deux résistants de la première heure, un général américain.
Les 8 étapes qui composent ce circuit présentent les lieux où se sont produits les évènements marquants de cette page de l’histoire lévoise.
Le parcours entraîne les visiteurs sur la plupart lieux où se sont déroulés les faits.
INAUGURÉ LE 18 JUIN 2025, LE « CHEMIN DE MÉMOIRE LÈVES 1944 » est une initiative originale de la ville de Lèves, dans le cadre de la « Mission du 80e anniversaire des Débarquements, de la Libération de la France et de la Victoire », dans laquelle un groupe de collégiens s’est inscrit.
Ce circuit est l’aboutissement de deux années de recherche en archives, de travail documentaire et de rencontres avec les grands témoins des évènements.
COMMENT ACCÉDER AUX CONTENUS NUMÉRIQUES DU CIRCUIT LÈVES 1944 ?
Flashez le code QR de chacun des pupitres. Retrouvez le plan du circuit et la position des pupitres sur l’application.
Les protagonistes
Welborn B. Griffith, le soldat
Le colonel Welborn Griffith est un officier de l’armée américaine ayant combattu en France durant la Seconde Guerre mondiale.
Le 16 août 1944, depuis la cathédrale de Chartres, il donne le contre-ordre pour procéder à l’annulation du bombardement de celle-ci après avoir vérifier en personne l’absence d’ennemis.
De retour vers son QG situé à Courville-sur-Eure, il est abattu par un soldat allemand alors qu’il évaluait l’ampleur de la résistance allemande sur la commune. Il a alors quarante trois ans.
Hoche Allart, le résistant prisonnier
Hoche Albin ALLART est un résistant français né le 14 mars 1911 à Origny Sainte-Benoîte dans l’Aisne.
En 1939, au moment de l’appel à la mobilisation, il est ouvrier d’aviation à Chartres.
Fait prisonnier de guerre, il parvient à s’évader. Il rejoint son frère Emile à Lèves, au hameau du Mousseau et reconstitue la cellule communiste chartraine. Membre de l’Organisation spéciale (OSC), il participe à des missions de sabotages diverses.
Dénoncé par un traite, il est arrêté, interné à la prison allemande de Chartres avant d’être désigne comme otage et fusillés avec 4 autres de ses camarades au champ de tir de Chavannes, le 30 avril 1942.
Emile Allart, le résistant
Emile Georges Allart est un résistant français né le 4 avril 1899 à Origny Sainte Benoite dans l’Aisne.
Il est le frère aîné d’Hoche Allart avec qui il partage son engagement dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.
Lorsque survient la guerre, il est maraicher à Lèves et habite le quartier du Mousseau. Il anime la section communiste de la ville.
Appelé sous les drapeaux, il est démobilisé le 29 août 1940 puis rejoint son exploitation agricole.
Il rejoint alors les Francs Tireurs et Partisans, les FTP, et entreprend des actions de sabotages de diffusion de tracts. Dénoncé mais relaxé, il échappe au peloton d’éxécution.
Soupçonné, considéré comme dangereux, il est interné au camp de Voves, en 1943, avant d’être transféré à celui de Pithiviers où il restera jusqu’à sa libération en août 1944.
Jacques Voyer, l’espion
Jacques Voyer est un héros de la Résistance. Il est né à Marseille le 27 décembre 1922.
Membre des forces françaises de l’intérieur, le jeune toulonnais d’adoption décède à Lèves le 27 juin 1944, vingt-et-un jours seulement après le Débarquement auquel il a apporté toute sa contribution en fournissant des informations aux alliés. Au cours d’une mission, il est capturé et torturé. Le 27 juin 1944, à 5h14, dans l’anonymat de l’aube naissante, Jacques Voyer s’écrie “Vive la France”. Ce sont ses derniers mots. L’instant suivant, Il est fusillé par les autorités allemandes pour “divulgation d’informations secrètes à l’ennemi”.
Il n’a pas encore 22 ans. Il n’a pas parlé. Il n’a pas trahi.
Alphonse Jacquet, le soldat
Alphonse Jacquet est un soldat français né le 12 juillet 1918 à Berchères-la-Maingot. Mobilisé en 1939 alors qu’il effectuait son service militaire, il participe à l’opération « Dynamo » destinée à couvrir l’embarquement des troupes alors encerclées à Dunkerque vers l’Angleterre. Capturé, il séjourne dans différents camps de travail à Dresde, d’Essen, avant d’être déporté dans le camp de concentration Flossenbürg, puis celui de Dachau avant d’être transféré à Auschwitz puis vers Mauthausen où il meurt le 11 avril 1945, quelques jours après son arrivée, et quelques semaines seulement avant la libération du camps par les alliés. Ce soldat français aura passé 5 ans en captivité.
Charles Gautier, le résistant
Charles Gautier est un résistant français. Il est né le 26 décembre 1895 à Paris. Il vit à Chartres puis à Lèves. Ancien soldat blessé lors de la Première Guerre mondiale, c’est un résistant de la première heure au moment de l’Occupation. Déporté dans un camp pour avoir distribué des tracts communistes, il est libéré en 1944 et oeuvre alors à l’érection du mémorial à Lèves, sur le site de Chavannes, où ses camarades ont été fusillés. Charles Gautier s’éteint le 2 juillet 1977 à l’âge de 81 ans.
LES LIEUX
La Libération de Lèves, le 16 août 1944, a laissé des marques indélébiles. Des victimes chez les habitants, la mort héroïque d’un libérateur américain, le colonel Griffith, des traumastismes profonds dans l’esprit des habitants et la destruction d’une grande partie du quartier historique.
La matinée du mercredi 16 août est relativement calme à Lèves. Informés de la présence de nombreux Allemands, les Américains arrivent en début d’après-midi et le combat s’engage à 14h30. Tanks et camions allemands et américains se font face. De nombreux échanges de tirs ont lieu. L’école des filles (l’actuelle mairie) et la chapelle de la fondation d’Aligre sont endommagées. Le moulin Hébert, l’école des garçons (à l’emplacement de l’actuelle résidence du 16 août) et l’église sont touchés par des obus, ainsi que de nombreuses maisons du bourg. Les combats s’intensifient en début de soirée. Lèves brûle.
Les commerces
Le coeur de ville dévasté suite aux affrontements entre Allemands et Américains. La photographie fait état des destructions des commerces situés au carrefour, devant la mairie. Derrière, la cheminée des hangars du tramway (aujourd’hui disparu).
L'église Saint-Lazare
La nef et le choeur sont entièrement détruits. Seules une partie de la tour du clocher et les fondations pourraient être sauvées. Aussi, les autorités décideront de ne pas sauvegarder les rares murs encore debout qui présentaient des faiblesses structurelles.
L'école des garçons
L’école des garçons est entièrement ruinée. Elle ne sera pas reconstruite au profit de l’actuel groupe scolaire qui accueillera filles et garçons.
L'école des filles
L’école des filles – l’actuelle mairie – échappe miraculeusement aux destructions du centre-ville. Néanmoins, les échanges de tirs et les déflagrations endommagèrent les élévations et brisèrent les vitres des baies.
Des témoins des affrontements
Famille posant sur la carcasse d’un char après les affrontements.